Vol. 13 (2007)
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Ἱὴ ἱὴ παιῆον: Heraclid. Pont. fr. 158 Werhli2 и эллинистические поэты [Vsevolod Zeltchenko: Ἱὴ ἱὴ παιῆον: Heraclid. Pont. fr. 158 Wehrli2 et les poètes hellénistiques]

В. В. Зельченко
Санкт-Петербургская классическая гимназия; Bibliotheca classica Petropolitana

Published 2008-04-02

How to Cite

Зельченко, В. В. (2008). Ἱὴ ἱὴ παιῆον: Heraclid. Pont. fr. 158 Werhli2 и эллинистические поэты [Vsevolod Zeltchenko: Ἱὴ ἱὴ παιῆον: Heraclid. Pont. fr. 158 Wehrli2 et les poètes hellénistiques]. Hyperboreus, 13, 89-102. https://doi.org/10.36950/hyperboreus.v13a07

Abstract

L’emploi du refrain “Io Péan” dans l’Hymne à Apollon de Callimaque semble révéler les traits d’un Dichterspiel typiquement alexandrin: le poète commence par inscrire dans l’hexamètre un ἱὴ ἱὴ παιῆον double (v. 21), et puis (vv. 25, 80, 97, 103) met en jeu un ἱὴ ἱὴ παιῆον dont l’interjection initiale s’expose à un traitement prosodique capricieux: chacune de ses deux voyelles est à son tour considérée comme longue et brève. En tenant compte du contexte étiologique de l’Hymne (v. surtout vv. 97–104), on peut supposer que cette démonstration de la souplesse métrique d’ἱὴ παιῆον fait allusion à une légende ‘savante’ développée par Héraclide de Pont dans son traité Περὶ μουσικῆς (fr. 158 Wehrli2 = Athen. XV, 701 e–f): un triple ἱὴ παιῆον ἱὴ παιῆον ἱὴ παιῆον prononcé par Apollon (sans doute après la mort du Python) a donné naissance à l’hexamètre aussi qu’au trimètre ïambique – selon la quantité des premières syllabes des deux mots.

En recourant au même cri rituel, Apollonius (Arg. II, 702) et Ovide (Ars am. II, 1) relèvent visiblement le défi de Callimaque et l’imitent cum variatione.

Obiter, on émet quelques hypothèses sur le texte et l’interprétation d’Heraclid. fr. 158. Ainsi, contrairement à l’opinion commune, le passage final dedié à l’invention du vers choliambique (διὰ δὲ τοῦτο δῆλον ὅτι κτλ.) ne fait pas partie de l’exposé d’Héraclide mais représente un commentaire polémique d’Athénée (ou de sa source). Après avoir introduit la citation d’Héraclide avec une remarque critique (τὸ δὲ ὑφ’ Ἡρακλείδου τοῦ Ποντικοῦ λεχθὲν φανερῶς πέπλασται), l’auteur manifeste les motifs de sa méfiance en réduisant le raisonnement héraclidéen ad absurdum; pour un δῆλον ὅτι ironique, cf. Athen. X, 428 e–f. Le fragment de Περὶ μουσικῆς devrait donc être limité à l’étiologie d’hexamètre et de trimètre ïambique pur, sans compter celle de σκάζων.

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