Латинская Генриада: Эпическая традиция в двойном зеркале [Alexis Lioubjine. La Henriade latine. Le double miroir de la tradition épique]
Published 2011-05-04

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Abstract
La version de la Henriade en latin, faite par M. Caux de Cappeval (Calcius Cappavalis, ex-Oratorien au service d’électeur Palatin Charles-Théodore), fut la traduction bien tardive d’une épopée moderne. La publication de l’ouvrage a été annoncée déjà en 1752, et la franchise du traducteur dans l’appréciation de son original lui coûta la colère de baron de Melchior Grimm, philosophe et écrivain célèbre de l’époque; mais elle ne s’accomplit qu’en 1772 (La Henriade de M. de Voltaire. Nouvelle édition, en vers latins et français, dédiée à S. A.S. Electorale Palatine Charles-Théodore, par M. de Caux de Cappeval, au service de la Cour Palatine. Aux Deux-Ponts, à l’Imprimerie Ducale, & se trouve à Paris, Chez Lacombe, Libraire, rue Christine. M. DCC. LXXII. Voltarii Henriados editio nova, Latinis versibus et Gallicis, quam dedicat Serenissimo Potentiss. Princ. Elect. Palatino Carolo-Theodoro, Calcius Cappavallis, ex Aulæ Palatinæ servitio. Biponti, Typis Ducalibus, & Parisiis, Apud Lacombe, Bibliopolam, via Christ. M. DCC. LXXII). Deux rééditions parurent un peu après en 1775 à Paris et à Mannheim.
Ayant examiné la version des lieux communs de la tradition épique, surtout de ceux impruntés de Virgile, et les ayant comparés à l’original antique on peut bien voir que l’interprète marque par quelques expressions virgiliennes l’affinité du modèle latin et de l’épopée moderne, ce qu’on peut appeler l’effet du double miroir. Mais en même temps Caux de Cappeval, loin d’en abuser, se servit des expressions appartenantes aux autres poètes épiques de Rome impériale, p. e. de Valerius Flaccus et de Silius Italicus, pour mettre en jeu non seulement le modèle immédiat de l’épopée moderne, mais toute la tradition épique de Rome.