En faire tout un spectacle ! Les nouvelles voies de valorisation et de communication des archives des arts de la scène. Réflexions autour du fonds « Serge Lifar »

Magdalena Czartoryjska Meier

Abstract


Le présent texte prend sa source dans mon travail sur le fonds Serge Lifar, déposé par la fondation créée au nom de cet artiste à la Collection suisse de la danse – "le centre national de compétences pour la conservation de l’art chorégraphique"(« Collection suisse de la danse | Accueil » 2016). Par l’intermédiaire de ce fonds prestigieux, je poserai une réflexion sur les spécificités de l’archivage des arts de la scène. Je chercherai à résoudre l’utopie de la résurrection du spectacle perdu.
L’impulsion de cette quête a été donnée par mon propre cheminement vers Serge Lifar, vers la compréhension de son art et de son talent d’exception. Loin d’être aisé, ce cheminement s’est accompli tout d’abord à travers les documents iconographiques retraçant de manière fragmentaire la vie et la carrière de cette figure majeure de la danse au statut de légende. D’emblée, j’ai eu du mal à apprécier les photographies à caractère promotionnel élaborées dans des studios photographiques, posées, artificielles. De rares prises de type reportage qui montrent les scènes de ballets en vue d’ensemble sont souvent floues, parfois faites de très loin avec les lumières du jeu – beaucoup trop sombres donc pour la photographie. Par conséquent, on n’y discerne pas grand-chose. Étant liée par mon rôle d’archiviste, je me suis retrouvée dans la situation typique de la salle théâtrale où une représentation se déroule – il m’était difficile de partir en abandonnant « le spectacle » et mon intérêt pouvait être gagné avec retardement. En visionnant deux mille photographies, peu à peu, j’ai saisi. Serge Lifar s’est imposé à moi. La lecture des biographies de l’artiste et des entretiens avec ses anciens collaborateurs ont fait le reste. Or, un éventuel consultant d’archives ne visionnera pas les deux mille photographies, même numérisées et accessibles en ligne via le site du service.
Le même cheminement introspectif m’a fait constater qu’il n’est de loin pas suffisant de mettre à disposition de l’usager les instruments de recherche, même les plus détaillés, et les numérisations d’archives pour faire justice au patrimoine des arts de la scène. Afin de remplir son rôle au mieux et d’éviter une réception hasardeuse des fonds, même ceux parmi les plus éminents, il est nécessaire de réfléchir à la manière de les mettre en valeur et de les communiquer au public.
Aussi, en lien avec le développement des nouvelles technologies, de la culture et des supports alternatifs de lecture, avec l’explosion informationnelle et avec l’accélération du rythme de vie, on observe dans la société l’évolution des habitudes et des attentes, ainsi que la baisse du temps maximal de concentration. Le message doit donc passer rapidement. Comment rendre compte de la singularité d’un personnage, d’un style artistique, d’une création, et cela de manière efficace et rapide ? Comment communiquer l’émotion ? Il faut créer l’ultime spectacle. Une mise en scène à partir de pièces dont on dispose.

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DOI: http://dx.doi.org/10.18755/iw.2018.21

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